Moins de trois semaines après le coup d'envoi de la saison en Italie, Alpine Endurance Team se rendait en Belgique pour le deuxième rendez-vous du calendrier 2026 du Championnat du Monde d'Endurance FIA.
Dès les premiers essais, les Alpine A424 se montraient aux avant-postes, avec notamment le temps de référence des EL2 pour la n°36. Premier et troisième en qualifications, Charles Milesi (n°35) et Jules Gounon (n°36) poursuivaient leurs efforts lors de l'Hyperpole la plus disputée de l'histoire du championnat. Charles Milesi s'emparait de la troisième place, à 78/1000e de seconde seulement de la pole position, tandis que son équipier parachevait le meilleur résultat de l'Alpine A424 dans l'exercice en le rejoignant sur la deuxième ligne.
Samedi, Ferdinand Habsburg (n°35) et Frédéric Makowiecki (n°36) prenaient le départ chaussés de pneumatiques Michelin médiums. Tous deux conservaient leur position avant une première intervention de la voiture de sécurité. À la relance, Ferdinand Habsburg dépassait la Peugeot n°94, puis revenait progressivement sur la Cadillac n°12 de tête dans un trafic de plus en plus dense. Derrière lui, Frédéric Makowiecki restait au contact des leaders pendant que quelques concurrents optaient pour des arrêts anticipés.
Après un double relais solide, Ferdinand Habsburg et Frédéric Makowiecki cédaient le volant à António Félix da Costa et Victor Martins. Le Portugais poursuivait la lutte engagée avec la Cadillac n°12 tandis que le Français bataillait face aux Peugeot n°94, Ferrari n°51 et BMW n°20. António Félix da Costa profitait alors d'une piste dégagée pour construire un avantage de près de vingt secondes avant d'être relayé par Charles Milesi.
Dans le même temps, Victor Martins transmettait le témoin à Jules Gounon pour maintenir la n°36 dans le match.
La course basculait lors d'une neutralisation regroupant l'ensemble du peloton. Les Bleus faisaient alors un ravitaillement éclair pour tenter d'optimiser la stratégie de la n°35. Gêné par un retardataire à la reprise, Charles Milesi devait s'incliner face à la BMW n°15 et à la Ferrari n°50. De son côté, Jules Gounon devait économiser assez d'énergie pour éviter un arrêt supplémentaire.
Toujours dans le top dix à l'approche de la dernière heure, Alpine remettait Victor Martins dans le baquet de la n°36, mais était à nouveau victime du mauvais timing d'une voiture de sécurité virtuelle, alors qu'António Félix da Costa retrouvait le volant de la n°35 avant deux voitures de sécurité réduisant le sprint final à vingt-quatre minutes. Cinquième à la relance, le pilote portugais se faisait piéger par les pneus froids au sommet du Raidillon. Grâce à une intervention remarquable, les mécaniciens remplaçaient en seulement trois minutes la biellette de pince arrière gauche, la face avant et le bloc arrière afin de permettre à l'A424 n°35 de finir la course. En parallèle, Victor Martins lançait ses ultimes attaques dans l'espoir de surprendre la Toyota n°8.
Au terme de cette épreuve à l'intensité crescendo, les Alpine A424 voyaient finalement l'arrivée aux portes du top dix. Malgré la frustration avec un seul point empoché chez les constructeurs, l'équipe quitte la Belgique avec des signaux extrêmement encourageants avant son prochain défi : les 24 Heures du Mans (5-14 juin).
Équipage n°35
António Félix da Costa
« C'est une fin décevante pour un week-end pourtant prometteur. Nous n'étions pas les plus rapides en piste, mais nous avons su exécuter une course propre et solide, en nous battant dans le top cinq jusqu'aux trente dernières minutes. Malheureusement, j'ai commis une erreur en pneus froids à la relance. Je tiens à m'excuser auprès de toute l'équipe Alpine Endurance Team qui travaille sans relâche jour et nuit pour nous fournir une voiture compétitive. Aujourd'hui, la responsabilité me revient entièrement. J'en suis désolé. Retenons les points positifs en vue de la suite, à commencer par les 24 Heures du Mans. »
Charles Milesi
« Ce n'était clairement pas une course facile. Les quatre premières heures étaient plutôt bonnes, mais nous avons ensuite semblé un peu moins performants que nos concurrents. Plusieurs éléments ne nous ont pas été favorables, notamment sur la stratégie thermique. Nous avons connu des hauts et des bas ce week-end, mais il y a aussi des aspects véritablement positifs à retenir. Nous savons précisément sur quoi travailler pour préparer au mieux les 24 Heures du Mans. »
Ferdinand Habsburg
« Je pense que nous méritions un meilleur résultat compte tenu de notre niveau de performance affiché. Nous avons réalisé une très bonne première moitié de course. L'équipe faisait du très bon travail et nous étions constamment dans le bon groupe, avec un rythme solide. Tout semblait parfaitement se dérouler, mais nous nous sommes retrouvés entraînés dans des situations compliquées lorsque la course est devenue plus mouvementée. C'est frustrant, mais nous avons tout simplement manqué de réussite et il nous a fallu prendre davantage de risques pour tenter de revenir. Cela n'efface toutefois pas les nombreux points positifs à retenir de ce week-end. »
Équipage n°36
Frédéric Makowiecki
« C'était une course compliquée. Nous avons montré un très bon niveau de performance tout au long du week-end. Nous avons bien travaillé en équipe et nous pouvons être fiers des progrès accomplis depuis Imola. Malheureusement, les choses n'ont simplement jamais tourné en notre faveur. Cela fait partie de l'endurance, mais il est important de retenir le positif. Nous devons continuer à travailler dans la bonne direction, car je suis convaincu que cela portera ses fruits en vue du Mans. »
Jules Gounon
« C'était une course très difficile pour nous. Nous avons manqué de réussite sur plusieurs interventions de la voiture de sécurité virtuelle, ce qui a clairement influencé notre résultat final. Nous devons maintenant analyser précisément ce que nous aurions pu mieux faire. Malgré cela, je tiens à remercier toute l'équipe pour son travail tout au long du week-end. Nous allons tirer les leçons de cette course et revenir plus forts au Mans. »
Victor Martins
« Nous avons bien travaillé sur la communication, la stratégie et l'exécution en réussissant à contrôler tout ce que nous pouvions. Nous avons cependant manqué de réussite avec deux voitures de sécurité virtuelles qui sont tombées au mauvais moment pour nous. À chaque fois, cela a compromis nos possibilités de revenir dans le match alors que nous pensions pouvoir regagner du terrain. Cela fait partie du jeu et nous allons analyser tout cela pour rebondir au Mans. »
Management
Nicolas Lapierre, directeur sportif Alpine Endurance Team
« Nous sommes bien évidemment déçus de terminer à ces positions-là, surtout après notre très belle prestation en qualifications. Nous espérions clairement un meilleur résultat au vu de notre niveau de performance ce week-end. Malheureusement, quelques petites erreurs dans des moments clés nous ont coûté très cher et ne nous ont pas permis d'être en position de nous battre lorsque le peloton s'est resserré en fin d'épreuve. C'est frustrant, mais ce type de course nous aide aussi à identifier précisément les points à améliorer. Il nous reste désormais moins d'un mois pour préparer les 24 Heures du Mans, notre objectif principal de la saison. »
Philippe Sinault, Team Principal Alpine Endurance Team
« C'est un résultat difficile à accepter, car nous n'avons pas été récompensés du travail accompli tout au long du week-end. Nous étions clairement en mesure de jouer un podium, voire davantage à deux heures de l'arrivée. Les deux voitures avaient le potentiel pour terminer dans le top cinq et cet objectif était honnêtement réalisable au regard de notre performance. La voiture de sécurité a mis un coup dur aux ambitions de la n°35 et nous avons perdu deux positions en étant gênés par un retardataire à la relance. Nous nous sommes alors retrouvés exposés dans le peloton alors que nous maîtrisions notre course jusque-là. Puis il y a eu l'incident d'António, dont les dégâts ont définitivement compromis notre résultat. La n°36 a connu une épreuve un peu plus compliquée. La première voiture de sécurité virtuelle nous coûte cher puisque nous étions aux stands à ce moment. Nous avons cédé du terrain et il était extrêmement difficile de remonter dans un plateau aussi resserré. Malgré la frustration, il y a énormément de points positifs à retenir, à commencer par notre rythme et notre compétitivité. Nous devons maintenant nous remobiliser pour bien préparer le rendez-vous le plus important de la saison, les 24 Heures du Mans, et nous roulerons dès la semaine prochaine en essais au Castellet. »
CLASSEMENTS
TotalEnergies 6 Heures de Spa-Francorchamps
1. BMW M Team WRT n°20
11. Alpine Endurance Team n°36
12. Alpine Endurance Team n°35
Championnat du Monde d'Endurance des pilotes Hypercar
1. Frijns / Rast – 35 points
10. Da Costa / Habsburg / Milesi – 12 points
18. Gounon / Makowiecki / Martins – 0 point
Championnat du Monde d'Endurance des constructeurs Hypercar
1. BMW – 59 points
5. Alpine – 14 points



